À travers divers fragments d’une ville, la reconstruction de l’ensemble de l’expérience urbaine devient-elle possible ?
Beyrouth est désormais un objet en perpétuelle fragmentions. Ses fragments se métastasent à l’infini, évoquant une violence et dégageant un champ de force.
Habiter Beyrouth aujourd’hui, mais dans quelle ville ? Y a-t-il encore un faire-monde possible ? Comment re-évaluer, re-naturer, re-culturer encore un vivre ensemble et notre manière d’être humain grâce aux métamorphoses culturelles en perpétuel mutation ?
Entre construction et destruction, enracinement et déracinement, division et ouverture, la question de l’appartenance à notre ville présente un nouveau paradigme, celui d’une résilience forcée et d’un oubli voulu. Situé entre pardon et promesse, Beyrouth rejoint l’inachevé et le décomposé comme si la fin et le commencement se rejoignaient dans une pensée de l’impermanence, de la dislocation du lieu et de l’hétérotopie du temps de la ruine.
Une forme de fragilité est en train de naître aujourd’hui, qui fera de l’autre ville – celle d’hier et d’un ailleurs – une ville de demain, fabriquant des possibilités d’interpénétrations entre un passé douloureux absent toujours réactivé et un devenir incertain des formes de partages et des récits encore possibles à re-inventer.
Joseph Nasr
Architecte DPLG / Docteur en philosophie / Enseignant-chercheur — Camondo, ICP, UTC. Professeur — USEK
Joseph Nasr est architecte DPLG et docteur en philosophie.
Après des études à Paris, à l’interface entre l’architecture et la philosophie, il développe expériences académiques et pédagogiques, articulée autour du projet architectural et de ses théories. Professeur et ancien chef du département d’architecture à l’USEK, membre-chercheur du GERPHAU depuis 2013, ses recherches explorent les liens profonds entre architecture et philosophie, deux disciplines en osmose et à la genèse de notre "savoir habiter" et de notre "être à l’espace".
Auteur de plusieurs publications, il est engagé dans des thématiques de recherche portant sur les conditions de notre habiter, en interrogeant une ouverture du projet qui engage une attitude éthique et permet une possible réinvention des pratiques architecturales et philosophiques. Sa réflexion s’inscrit dans une approche phénoménologique de l’architecture, questionnant le devenir de notre environnement dans une perspective qui concilie nos "responsabilités" pour un "habiter autrement" et un "(a)ménager autrement" nos milieux habités. Ses principaux axes de recherches : la ruine, l'habiter, la disparition, la fragilité, l’anthropophagie de l’architecture et de la ville.
Installé au Liban entre 2009 et 2022, il y a mené une activité d’enseignement et de responsabilités académiques dans le champ du projet architectural et de ses théories.
Basé à Paris depuis août 2022, il occupe différents postes d’enseignement dans plusieurs universités françaises. Il a été qualifié en 2023 par le CNECEA au titre de maître de conférences et en 2024 par le CNECEA au titre de Professeur.