Avec le désormais controversé concept d’anthropocène, ce que nous avions considéré comme un simple environnement, un sol assuré, devient instable, « comme si le décor était monté sur scène pour partager l’intrigue avec les acteurs ». S’inscrivant dans le champ des études des sciences et des techniques (STS) qui s’intéressent aux relations entre le social et les innovations techniques, et plus spécifiquement dans la théorie de l’acteur-réseau (ANT), qui étudie les relations des humains aux non-humains, ce travail propose de saisir comment des controverses urbaines constituent des moments opportuns pour « ouvrir la boîte noire » de la conception afin d’en décrypter le fonctionnement dans un contexte d’écologisation de l’architecture et de l’urbanisme.
En collaboration avec ANMA Architectes Urbanistes, et à partir d’une position d’architecte urbaniste ethnographe, plusieurs processus de projet urbain qui suscitent des conflits au nom d’une protection de la nature sont analysés afin de décrire les trajectoires politiques d’entités ou de phénomènes naturels en ville. L’objectif de cette recherche sur les natures politiques du projet urbain est double. Il s’agit d’abord de comprendre les processus par lesquels la nature devient désormais un sujet politique dans la fabrique urbaine mais également de comprendre comment le politique se joue dans les pratiques quotidiennes des concepteurs dans un contexte de crises environnementales globales. Car si l’écologisation est un processus, elle est également une éthique, en ce qu’elle interroge la place de l’humanité sur terre et donc le rôle des villes face au nouveau régime climatique.













