À travers divers fragments d’une ville, la reconstruction de l’ensemble de l’expérience urbaine devient-elle possible ?

Beyrouth est désormais un objet en perpétuelle fragmentions. Ses fragments se métastasent à l’infini, évoquant une violence et dégageant un champ de force. 

Habiter Beyrouth aujourd’hui, mais dans quelle ville ? Y a-t-il encore un faire-monde possible ? Comment re-évaluer, re-naturer, re-culturer encore un vivre ensemble et notre manière d’être humain grâce aux métamorphoses culturelles en perpétuel mutation ?

Entre construction et destruction, enracinement et déracinement, division et ouverture, la question de l’appartenance à notre ville présente un nouveau paradigme, celui d’une résilience forcée et d’un oubli voulu. Situé entre pardon et promesse, Beyrouth rejoint l’inachevé et le décomposé comme si la fin et le commencement se rejoignaient dans une pensée de l’impermanence, de la dislocation du lieu et de l’hétérotopie du temps de la ruine.

Une forme de fragilité est en train de naître aujourd’hui, qui fera de l’autre ville – celle d’hier et d’un ailleurs – une ville de demain, fabriquant des possibilités d’interpénétrations entre un passé douloureux absent toujours réactivé et un devenir incertain des formes de partages et des récits encore possibles à re-inventer.