1912, il y a 100 ans, l’Europe des Nations avançait vers la guerre mondiale, le Titanic coulait. Les avant-gardes étaient en ébullition, l’art moderne s’inventait, les sciences et techniques s’engageaient dans la puissance, l’urbanisme n’en finissait pas de découvrir l’explosion urbaine : ce début de siècle, tendu vers l’avenir, fier de son progrès et confiant de lui-même, se préparait à incarner dans une architecture nouvelle et au style inédit, la société machiniste qui se mettait alors en mouvement.
Cent ans plus tard, quel est l’enjeu architectural du nouveau siècle qui débute ?
Aujourd’hui, nous faisons jeu égal avec les ordres de grandeur avec la planète et sommes responsables de notre installation sur celle-ci : ses matériaux, ses édifices, la gestion des ressources naturelles locales et les défis d’ensemble tel que le réchauffement climatique sont de notre ressort : l’architecture représente une pratique emblématique d’un tel contexte historique, comme pensée et art de l’installation, liée à une nouvelle philosophie de l’aménagement.
Xavier Bonnaud
Architecte, Docteur en Urbanisme, HDR en Architecture, Professeur TPCAU, Directeur du Gerphau
Xavier Bonnaud est architecte, docteur en urbanisme et professeur d’architecture à l’école Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-La-Villette. Il a soutenu une Habilitation à Diriger les Recherches en Architecture sur la notion d’expérience architecturale et co-dirige le laboratoire GERPHAU (Groupe d’Etudes et de Recherches Philosophie, Architecture, Urbain, E.A 7486). Il a enseigné pendant une dizaine d’année l’urbanisme à l’École Polytechnique Paris. Xavier Bonnaud est aussi architecte associé au sein de l’agence d’architecture et d’études urbaines MESOSTUDIO.
Marco Stathopoulos
Chercheur / Docteur en Architecture
Marco Stathopoulos est architecte, docteur en architecture et enseignant à l’École Spéciale d’Architecture.
Ses travaux portent sur les dialogiques qui caractérisent les milieux urbains contemporains. Il explore notamment la possibilité de les appréhender par la métaphore, et de formuler repères, seuils et critères de choix pour percevoir, théoriser et concevoir dans l'urbain.
Sa thèse, soutenue en 2016, traite de l'adoption du concept de résilience dans la mise en projet architecturale. Elle part de l'hypothèse qu’il est possible de formuler une théorie de la résilience urbaine qui se fonde sur un cadre conceptuel propre, celui d'un art de l’urbain, dont les critères permettent notamment d'orienter des décisions lors d’une mise en projet. La méthode choisie pour cette formulation est le recours à la métaphore, afin de transporter le discours dans un cadre et un langage qui échappent à l'homologation du modèle en place. La métaphore adoptée est celle de la piraterie. Elle se construit autour de son sens étymologique, de sa dimension archétypale, ainsi que de l’héritage du rôle historique qu’elle a joué dans la formulation d’expérimentations politiques, sociales et économiques. Par la piraterie il est possible de théoriser les aspects qualitatifs des conditions de la résilience, d’explorer sa symbolique, et de tracer repères et seuils orientant des choix de mise en projet.