Cette présentation interroge le rôle des espaces intermédiaires de l’habitat collectif (loggias, coursives, paliers ou cours d’îlots) dans un contexte contemporain de production figée, standardisée et dominée par la rentabilité foncière. Loin d’être de simples résidus fonctionnels, ils constituent pour les architectes des leviers de projet capables de transformer les contraintes environnementales (performance thermique, ventilation, gestion des eaux pluviales) en opportunités spatiales.

Ces dispositifs offrent non seulement des marges d’usages ouvertes et adaptables, mais participent surtout à la régénération des milieux vivants, en articulant habitat humain, végétal et animal. Ils traduisent un basculement idéologique : d’une posture structuraliste, où ils compensent la compacité des logements par des espaces d’usages, vers une posture relationnaliste, où ils deviennent de véritables milieux de cohabitation. En requalifiant la proximité et en revitalisant le commun, les espaces intermédiaires esquissent ainsi les contours d’un paradigme architectural renouvelé de l’habiter dans la ville dense.