Si l’on nomme Synergie, l’interopérabilité active entre éléments différents et son potentiel de création en termes de niveau d’organisation, regardons dans trois domaines de l’architecture (ses connaissances, ses savoir-faire, sa réception), ce que sa rencontre avec la philosophie met en effervescence. Pour la philosophie l’observation symétrique prend aussi sens : en quoi l’architecture, sa concrétude, ses compétences d’assemblage et de composition, les relations d’échelles qu’elle instaure, permet à la philosophie des énoncés et des champs de pratiques spécifiques.
Commençons toutefois par mentionner deux écueils symétriques qu’il convient d’éviter. D’une part, celui de l’instrumentalisation de la philosophie par l’architecture, qui consiste pour cette dernière, à puiser dans l’histoire des idées quelques éléments de langage pour habiller de manière surfaite des postures de projet. D’autre par l’écueil de l’intimidation de l’architecture par la philosophie, qui ne ferait que reproduite ce vieux refrain, commode, mais ô combien stérile, de la soi-disant nécessaire séparation et domination de la pratique par la théorie.
Toutefois l’intrication des compétences des chercheurs dépasse ce que nomme habituellement une rencontre interdisciplinaire, ce qui nous pousse à mettre ici au travail le potentiel de synergie entre ces deux disciplines. Nous mènerons cette enquête en commençant par mettre en évidence la dynamique de co-fabrication de connaissances entre architecture et philosophie. Ensuite nous regardons du côté de la gestation de nouveaux outils et pratiques d’invention, puis terminerons en détaillant quelques nouvelles modalités et expériences de réception.