Les relations que notre société entretient à la matière terrestre sont exagérément paradoxales, à la fois expertes scientifiquement et en même temps éminemment inconsistantes lorsqu’il s’agit d’apprécier à leur juste valeur la richesse des agencements matériels de notre assise environnementale. Nous nous proposons donc d’exposer quelques réflexions que l’architecture permet d’énoncer quant à ce substrat matériel du monde, avec l’idée qu’elles puissent contribuer à l’évolution de nos modes de vie et de nos cultures d’installation.
L’architecture, qui depuis son origine offre, par nombreuses de ces réalisations, des expériences ineffables d’accords avec le monde alentour dans ce qu’il a de plus tangible, l’architecture donc, se trouve en première ligne pour s’inquiéter de cette perte de culture du concret, de l’affadissement de la saveur de ce qu’habiter veut dire, voire des menaces de dévitalisation que peuvent engendrer ces pratiques de détachement du monde physique.
Il s’agira donc de mettre en lumière, de plusieurs manières, l’importance de ce qui joue avec la matière, dans nos environnements construits comme dans notre relation avec des lieux plus « naturels ». Quelques pistes seront explorées.