Parce que la maîtrise technique est un savoir et une habileté qui libère un immense potentiel de transformation, elle influence considérablement notre compétence d’édifier. Ainsi, bien au-delà des modifications stylistiques, l’urbanisation contemporaine procède, sous cette influence, à une recomposition approfondie de nos conditions d’existence.
Il se propage, depuis l’Occident de la fin du Moyen Age, un modèle territorial qui reconfigure le monde ambiant à partir d’un gradient accru de technicité. Chaque évolution urbaine engageant une ingénierie technique, sociale et instrumentale plus sophistiquée et plus inclusive.
L’urbanisation mondiale des territoires et des mœurs déploie cette logique à l’échelle de la planète, engendrant pour tous de nouvelles expériences sensorielles et perceptives, cristallisant des représentations et des imaginaires nouveaux, mettant en question notre devenir urbain de manière insolite.Nous avons donc voulu étudier la technicisation de nos conditions d’ environnement.
D’un côté, on observe une mondialisation assise sur des performances opératoires étendues qui viennent soutenir et démultiplier notre capacité de construction. Elles permettent l’appareillage de l’humanité et la possibilité d’accéder rapidement à un stade raffiné de son organisation, de son évolution, de son épanouissement.
D’un autre coté, on observe de nouvelles conditions de milieux, mécanisées, surrationalisées. Elles ont de multiples effets qui, conjugués, présentent un risque d’emballement technoscientifique de l’urbain et la création d’un technocosme qui ouvre alors plus une mutation anthropotechnique artificielle qu’un projet de civilisation articulé autour d’une urbanité désirée et démocratiquement construite.
D’où ce terme de techno-cité comme interrogation d’un modèle urbain en gestation et participation à son chantier théorique.
D’où cette recherche pour étudier les conditions d’un devenir urbain soutenable, équilibré entre une opérativité technique désormais surpuissante et un désir de cité de nos jours malmené.